28 fév Avant l'heure, c'est pas l'heure… après l'heure, c'est trop tard!

Depuis l’Égypte ancienne, les hommes se sont efforcés de mettre en place des systèmes de division et d’organisation du temps en accord avec les rythmes naturels. Ainsi le calendrier égyptien était-il axé sur les fluctuations du Nil et avait comme but premier la régulation des travaux agricoles au cours de l’année. Plus tard, en -45, Jules César imposa le calendrier julien, censé synchroniser l’année civile avec l’année solaire. Il faudra pourtant attendre la fin du XVIème siècle, l’avènement du pape Grégoire XIII et les calculs savants du mathématicien jésuite Christophorus Clavius pour que soit adopté le calendrier grégorien, en vigueur de nos jours.

Le calendrier grégorien, plus précis que son prédécesseur, définit une année moyenne équivalant à 365,2425 jours. Comme une année doit comporter un nombre de jours entier, on y ajoute tous les quatre ans (années dont le millésime est divisible par 4) un jour intercalaire, le 29 février… à l’exception des années séculaires qui ne sont bissextiles que si leur millésime est divisible par 400! [1] :-? Et comme la Terre accomplit sa révolution autour du Soleil en 365,24221935 jours, il subsiste encore une légère désynchronisation, évaluée à environ 3 jours sur 10 000 ans.

J’entends encore mon professeur de latin en rhéto [2] s’étonner que l’homme soit capable de marcher sur la Lune mais en soit toujours réduit à “bricoler” un calendrier qui nécessite, de temps à autre, l’ajout d’un jour ou le retrait de quelques secondes pour rester synchrone avec le Soleil! Belle utopie, sans doute, que de vouloir encore améliorer l’ajustement grégorien…

Statistiquement, il y a 0,066 % de chances de naître un 29 février. Cela représente tout de même plus de 4 millions et demi de personnes de par le monde… dont mon Haricot 2! Dans le but évident de se singulariser ;-), ce cornichon – dont l’arrivée était prévue neuf jours plus tôt! – n’a pas hésité à faire durer le “plaisir” de l’accouchement de sa Maman (17 heures, tout de même!) pour finalement pointer le bout de son nez le 29 février 2004 à 04h42 (histoire, sans doute, d’être certain d’avoir commis son forfait)!

Soyons de bon compte: jusqu’à présent, cette “particularité” a davantage bénéficié à ses parents. Combien de fois en effet n’avons-nous pas déjà vécu ce type de situation:

- “Quelle est la date de naissance de votre enfant?”

- (avec un peu de malice) “Le 29 février 2004!”

- “Ôôôh… ça c’est original!”

Et voilà comment naît un sentiment de fierté à peu de frais! 8-)

Restait un problème épineux à trancher: quel jour allions-nous choisir pour fêter l’anniversaire de Haricot 2 en dehors des années bissextiles? L’option de ne le fêter qu’une fois tous les quatre ans ayant rapidement été écartée :-), restaient donc deux possibilités: le 1er mars, comme le soutient sa Maman qui a accouché “après le 28 février”, ou la veille, comme je le défends puisque c’est logiquement le dernier jour de février. Véritable quadrature du cercle, la question n’est pas définitivement tranchée à ce jour, chaque thèse ayant par ailleurs ses supporters. Conséquence: l’anniversaire de Haricot 2 est célébré durant une sorte de “no time’s land”, qui comprend les deux dates précitées ainsi que le week-end le plus proche, au cours duquel se déroule généralement une petite fête avec ses copains.

Bref, avant l’heure, c’est pas l’heure… après l’heure, c’est trop tard! Merci Grégoire et vivement l’année prochaine! :mrgreen:

[1] En clair: 1700, 1800 et 1900 n’étaient pas des années bissextiles mais 2000 oui!
[2] « Special dédicace » à Françoise Brassine qui a donc été mon prof de latin pendant trois ans; maniant l’art de la digression durant son cours ;-), elle a, ce faisant, enrichi notre culture générale et éveillé notre curiosité au monde.
Laurent Daube
laurent@haricotmagique.be
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