10 oct Classes vertes: quelle aventure!

Question: A partir de quel âge peut-on considérer que les voyages forment la jeunesse?

Parce que quand, il y a un mois, tous les parents des trois classes de troisième maternelle de l’école de ma Haricote, se sont retrouvés -Homme et moi compris – à écouter attentivement la directrice leur exposer en détails comment allait se dérouler la semaine de classes vertes de 60 petits bouts de 5 ans, les réactions ont été diverses et variées:

  • Parents ravis :”Quoi, le vendredi, ils reviennent déjà à 15h!”, “Peut-on tenter de glisser le petit frère dans la valise?”, …
  • Parents paniqués: “Il ne nous a encore jamais quitté …”, “Elle refuse de s’endormir si on ne vient pas l’embrasser”, “Quand vous dites un seul doudou, ce n’est pas du tout négociable?” …
  • Parents inquiets: “A-t-on accès au casier judiciaire des moniteurs? Et aux antécédents du chauffeur de bus?”, “Peuvent-ils choisir leurs voisins de dortoir?”, “Le mien à l’habitude de boire la nuit, puis-je lui mettre une gourde? Evidemment, du coup, il faudrait aller le réveiller pour éviter le pipi au lit…”, …
  • Parents curieux: “Et vous comptez vraiment arriver à faire avaler des légumes à ma fille?”, “Quand vous parlez d’activité ‘vol à voile’, je suppose qu’il s’agit d’observation?”, “Vous effectuez des rondes pendant la nuit?”…
  • Parents pragmatiques: “A qui dois-je signaler son allergie au lactose?”, “Faut-il prendre une assurance particulière?”, “Peut-on connaître rapidement le contenu de la valise? Car s’il faut tout identifier…” etc, etc.

Et ce sont les mêmes qui, comme le voulait la consigne, se sont retrouvés lundi dernier à 7h45 à attendre un bus qui n’arrivait pas, valise à la main et cœur bondissant dans la poitrine, ayant, après une dernière série de recommandations et des adieux qui succincts, qui déchirants, laissé derrière eux aux mains des institutrices très sollicitées leur petit voyageur dans des états de surexcitation, stress, pleurs, hilarité, questionnement et j’en passe…

Pour tromper l’anxiété et le temps, ça discutait “comptoir” chez les parents: “Moi, j’ai zappé la charlotte pour la douche. Ce truc ne s’achète pas à la pièce alors!”, “Ma fille était dans un tel état de stress hier soir que j’ai craqué et je l’ai autorisée à prendre ses deux doudous. Ils ne vont quand même pas lui en confisquer un, si?”, “Quelle galère pour faire les sacs par tenues individuelles, j’ai regardé la météo et j’ai mis le pull le plus épais pour vendredi mais à part ça…”, “Ma puce était tellement surexcitée qu’elle m’aurait poussé à l’excès de vitesse sur la route de peur qu’on parte sans elle!”, “J’espère qu’ils ont prévu une collation parce qu’on ne peut pas dire que mon fiston ait avalé grand chose au petit déj’ tant il était stressé. Moi non plus d’ailleurs :-(“, “Et le benjamin, chez toi, ça va? Il comprend ce qui lui arrive? Une semaine sans sa sœur, ça va être long, non?”, “Comment ça vous en profitez pour faire un saut à Madrid en amoureux???” ;-)

Enfin le car est arrivé. Laissant les parents, qu’on avait sommé de rester pour charger les bagages de leur enfant ET pour faire des adieux un rien perplexes. En effet, le bus en question avait bien de grandes soutes à bagages mais aussi de magnifiques vitres teintées noires. Ca allait compliquer les aux-revoirs… :shock:

Du coup, à l’arrivée des rangs d’enfants encadrés par les maîtresses, les parents ont un peu joué des coudes pour tenter le dernier bisou avant la montée dans le bus. Certains y sont arrivés, d’autres pas. Certains ont localisé le bon petit visage collé aux vitres teintées, d’autres ont, par défaut, salué la cantonnade en espérant que fille ou fiston n’en prenait pas outrage. Puis ça a été tout. Ils étaient partis.

Certains parents ont trouvé le temps long et ont vécu au rythme des sms et des comptes-rendus publiés sur le site internet de l’école, d’autres ont pris cette parenthèse comme une opportunité pour grands et petits de varier un peu rythme et expérience. Tous se sont ravis de recevoir mercredi soir un courrier à la saveur particulière:

Et tous enfin se sont réjouis vendredi après-midi de pouvoir serrer dans leurs bras leur petit – qui semblait un peu plus grand déjà – et de l’écouter, extatique raconter ses aventures avec une notion de la temporalité pas toujours évidente à percevoir “Moi j’ai adoré les croques-monsieurs mais comme j’avais saigné du nez, j’ai du changer de pyjama mais pour la fête le clown il a dit qu’on pouvait rester danser encore plus tard et que peut-être même que les parents dormaient déjà… En tous cas, je sais bien me brosser les cheveux toute seule maintenant et…”

La coupant avant d’oublier: “Quelle aventure, dis-moi! En tous cas, ma puce, merci pour ton joli dessin. Papa et moi, on était bien content de le recevoir par la poste!”

“Ah oui? Avec les papas et mamans qui pleuraient? C’était trop drôle, hein! Tu veux savoir un secret? En fait, on l’avait déjà dessiné en classe avant de partir.” :mrgreen:

Je n’ai pas osé lui dire que c’était aussi le cas des trois cartes “pré-rédigées” qu’elle avait reçues pendant son séjour. Chuuuuuut! ;-)

Quelle aventure!

Bonne  semaine.

 

Haricot Magique
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