19 mar Comme un poisson dans l'eau!

Activité très en vogue dans les années ’80 et ’90, les séances de bébés nageurs ont aujourd’hui du plomb dans l’aile… ou plutôt du chlore dans les poumons! :-| La pratique est désormais fortement déconseillée par les experts du Conseil supérieur de la santé, en conclusion d’un rapport qu’il a publié récemment sur les risques du chlore sur la santé.

Cette méthode avait été lancée dans les années ’60 pour familiariser les bébés avec l’eau et diminuer les risques de noyade, première cause de mortalité infantile par accident de la vie jusqu’à l’âge de 14 ans. On parle ici des cas de noyade dans des piscines mais aussi en baignoire. On se rappellera à cet égard qu’un bébé peut se noyer dans quelques centimètres d’eau.

Si l’objectif premier des séances de bébés nageurs était donc la sécurité, d’autres avantages ont été mis en avant sur le plan de l’épanouissement des tout-petits: découvertes sensorielles, activités motrices, développement psycho-affectif, éveil social…

Mais ces bienfaits espérés ne font plus le poids face aux risques de la méthode. Les études se succèdent en effet qui démontrent que les poumons en plein développement et les muqueuses hyper-réactives des plus petits s’accommodent mal de la trichloramine, un gaz qui contamine les piscines intérieures traitées au chlore. En ligne de mire, les cellules souches de l’épithélium respiratoire, qui ont pour fonction de protéger et de réparer les poumons. Ces cellules constituent une cible privilégiée de la trichloramine, au même titre qu’elles le sont du tabac!

Et voilà donc la pratique des bébés nageurs sur la sellette, subissant de plein fouet un effet de retour de balancier. Un phénomène qui n’est pas sans rappeler le débat sur l’allaitement et ses revirements d’approche successifs.

Mais alors, comment apprendre à nager à nos Haricots sans mettre en danger leur santé? Préférer les piscines traitées par électrolyse ou UV (encore faut-il être certain de son coup :-?) ou, à tout le moins, les piscines extérieures (pas toujours pratique dans notre pays :-(). Ou, plus simplement, attendre un peu avant de leur faire découvrir les joies de la baignade et y aller progressivement.

C’est ainsi que, pour Haricot 3 (4 ans), le véritable déclic a eu lieu vers 3 ans 1/2. Jusqu’alors, il avait manifesté beaucoup de réticence à faire trempette dans une piscine en dehors des bras de ses parents. Il n’y prenait pas beaucoup de plaisir et était plutôt satisfait de retrouver le contact avec la terre ferme. Et puis, un jour, nous avons eu l’occasion de l’emmener dans un bassin dont une partie présentait une très faible profondeur. Et là, ce fut la révélation! Apprivoisant progressivement ce nouvel élément et prenant petit-à-petit confiance en lui, il finit par barboter en eaux plus profondes (équipé de brassards, bien entendu ;-)).

Depuis, il rayonne dès qu’on évoque la perspective de se rendre dans une piscine: “C’est quand qu’on va à la pisciiiiine?”. Et, une fois sur place, c’est carrément la fête! Il saute, il “nage” et, muni d’une paire de lunettes, met la tête sous l’eau autant qu’il le peut (au point qu’on se demande parfois quand il respire). Grâce à ses grands-parents, il a déjà suivi quelques cours de natation et il ne rêve que d’une chose: se débarrasser de ses brassards!

- “Quand ze serai adulte, ze pourrai nager sans mes bouées?”

- “Oui… et même bien avant!” :-)

Laurent Daube
laurent@haricotmagique.be
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