23 mai Fille-garçon: c'est écrit (ou quoi)?

Je vous jure que j’ai lutté et que je continue autant que possible. Lutté contre quoi? Contre les conventions liées au genre, contre le déterminisme sexué ou, pour faire simple, contre “les filles aiment le rose et les garçons le bleu”.

Petite, je n’ai jamais été trop fan des poupées et des froufrous. Au grand désespoir de ma maman qui, en traîtresse, se rattrape aujourd’hui dans la garde-robe de ma fille, nettement plus réceptive. ;-)

Plus tard mes idéaux, si pas féministes en tous les cas égalitaires, se sont nourris d’études de cas dérangeantes voire révoltantes sur le marketing dissocié à destination des bout’choux et autres démonstrations du même acabit.

Bref, il était hors de question que je reproduise dans ma propre famille les schémas sectaires en vigueur dans la société. Pourquoi? Parce que! :-) Si j’avais une fille, je ne l’éduquerais pas en “fille”. Si j’avais un garçon: idem.

J’ai eu les deux et c’est un bonheur de chaque jour (ou presque ;-)).

Pour ma Haricote 1, je me suis, autant que possible, tenue à mes bonnes résolutions. Trois mois fermement. Après, un peu moins mais encore… jusqu’à ses 2 ans 1/2, moment de son entrée à l’école. Et là, les “éléments” ont vaincu le peu de détermination qu’il me restait. Aujourd’hui, elle a 4 ans et 1/2 et elle est loin de l’enfant “mixte” que j’avais imaginé dans mes délires éducatifs pré-parentaux. Quant à Haricot 2, le score n’est pas meilleur, quoiqu’un peu peut-être.

Il y a 5 ans d’ici, Homme et moi choisissions les peintures pour la chambre (vert lime et fushia foncé genre framboises écrasées, exit le rose “rose”) et les premiers vêtements (“jaune et blanc, c’est sympa, non?”) de notre future puce. La volonté y était. Elle a rapidement été mise à l’épreuve. Un petit ensemble fleuri “trooooop mignon”, un doudou rose à cœurs. On n’allait pas non plus tomber dans l’excès inverse. De toute façon, en pratique, pas de risque. Passée la taille “bébé”, les rayons se divisent définitivement: pas qu’il n’y ait que du rose chez les filles, ni que j’y sois allergique. Il y a aussi du bleu, du violet, du vert… mais – pour avoir tenté la manœuvre à la naissance de Haricot 2 – rien de mixte dans les modèles ou les coupes. Une veste par-ci, un jogging par-là et quelques bodies. C’est tout!

Et pour les jouets, c’est pareil. Entre 0 et 12 mois, on peut encore tenter de décider que fille et garçon joueront à la même chose. Les jeux d’éveil sont – ou, en tous les cas, peuvent être – multicolores et mixtes. Après, cela se corse sérieusement… Poupées, table à repasser et costumes de princesse roses à strass pour les unes, voitures vrombissantes, établi de bricoleur et parures de super-héros pour les autres.

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Pour autant, j’aurais tendance à dire que le premier choix est déterminant et c’est en ça que Haricot 2, comme par la bande, est plus “mixte” que sa sœur. Il joue aux poupées (de sa sœur), a récupéré son château de princesse Little People et certaines de ses peluches. Il a aussi un garage de voitures, une valise de bricolo… Mais on a misé sur les animaux de la ferme. Il adore, elle aussi. Bien vu! Vive les chevaux miniatures, les veaux, vaches et cochons. La nature se foutrait-elle des genres?

Il n’en reste pas moins que, face à un étal de jouets – celui de la fancy-fair par exemple, expérimenté pas plus tard qu’hier – ma Haricote choisit un brillant nécessaire de coiffeuse (100% made in Taïwan) et mon Haricot un bandeau de pirate parce qu’il n’y avait plus (ouf!) de pistolet. Malgré mon astreignante gymnastique globalisante, ils aiment “spontanément” les jouets différents…

Heureusement, il y a une catégorie d’activités qui les réunit et qui exclut les prises de tête parentales, celle que l’on nomme un peu pompeusement malheureusement l’Art. L’art qui n’est spécifiquement ni “un truc de fille”, ni “un truc de garçon”.

Les mains barbouillées de peinture, nos enfants-artistes prennent un plaisir égal. Sensibles à la musique, ils se trémoussent tous et, quand ils ouvrent un livre, les étoiles d’émerveillement qu’on lit dans leurs yeux ne sont ni roses ni bleues. Et c’est tant mieux! :-)

Haricot Magique
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1Comment
  • Vanessa Mortier
    Posted at 08:36h, 24 mai Répondre

    Comme je me reconnais dans ton texte Aurélie. Même configuration familiale et même constat : A. est décidément très fille (“Mais non maman, je t’ai déjà dit pas de pantalon, je veux une jupe!”) et G. est un vrai garçon mais pas opposé aux poupées. Les livres emportent l’adhésion aussi. Pffff… Même l’éducation ne peut rien contre certains stéréotypes!

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