Haricot Magique | Il y a Maman et mamans, non?
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01 nov Il y a Maman et mamans, non?

Après avoir parlé pendant quatre lundis de Haricot 1, de sa vie intra-utérine, de son parcours « hors bulle » et de son premier cri à l’air libre, je me dois – sous peine qu’on puisse penser que je ne suis pas une mère équitable, or je le suis au moins autant que le commerce (c’est-à-dire pas toujours et pas pour tout ;-)) – je me dois donc de vous parler un peu de Haricot 2. Ce n’est pas que je rechigne à le faire, c’est juste qu’il est à l’âge – 15 mois – où il commence seulement à verbaliser et qu’écrire sur du non-verbal n’est pas un exercice évident.

Heureusement, si on peut dire, Haricot 2 m’a tout dernièrement comblée de bonheur et offert un sujet de billet d’humeur en verbalisant tout comme il faut…

Le loustic babille depuis quelques temps. C’est vrai qu’à la maison, il est à bonne école. Entre sa mère et sa soeur qui caquettent, il a vite compris qu’il faudrait mettre le paquet pour attirer l’attention. Homme, plutôt peu porté sur le bavardage gratuit, avait espéré que son fils – parce que c’est un garçon et que les garçons sont moins bavards – n’emprunterait pas la voix du blabla mais il a bien dû, consterné, se rendre à l’évidence.

Comment vous décrire la chose? On n’y comprend rien mais il parle tout le temps. C’est comme une suite quasi-ininterrompue de syllabes dont le sens, c’est savoureux à observer, semble tout à fait limpide à ses yeux et à ceux de sa soeur de 4 ans qui joue les interprètes auprès de nous d’un air un peu affligé.

Mais pour la scène qui suit, pas besoin d’interprète. Juste d’une bonne dose d’autodérision… ou d’un kleenex si l’autodérision fait défaut.

Il y a une tradition chez la gardienne de Haricot 2 (qui a gardé Haricot 1 et qui m’a gardé aussi, d’ailleurs… et, NON, elle n’est pas SI vieille! ;-)). Quand la sonnette de la porte retentit, tous les enfants en âge de marcher et de parler s’agglutinent à la frontière de l’espace qui leurs est dédié et crient en coeur:

“Maman, Maman, Maman!!!”

Pas forcément parce qu’ils espèrent que ce sera la leur – quand c’est le cas, la plupart du temps, ils n’ont tout d’un coup plus envie de partir – mais parce que c’est la tradition et que celle-ci se répète, créant un joyeux effet de groupe, depuis longtemps et de nombreuses fois par jour entre 16 et 18h00.

Bref, j’ai compris avec fierté que Haricot 2 avait grandi quand, il y a deux mois, je l’ai vu, au milieu des copains, entonner joyeusement des « Maman » très intelligibles.

Mon coeur en faisait des bonds de plaisir! Son premier mot, c’était moi! :-) :-) :-)

Pourquoi me faut-il un mouchoir, alors, me direz-vous?

Parce que ce n’est pas fini évidemment!

Le temps aidant, je l’avoue, je ne suis plus surprise quand j’arrive le soir de le voir me réclamer avec ferveur.

Ce qui m’a nettement plus surprise, par contre, c’est quand la sonnette a à nouveau retenti, alors que j’étais déjà accroupie près de lui, sur le point de lui enfiler sa veste… et qu’il a filé se remettre en position pour entonner avec la même ferveur, bras tendus ou presque vers une autre: « Maman, Maman, Maman! »

Il y a eu un blanc. La maman en question m’a regardé avec un air un peu gêné du genre: « Euh, je n’ai rien fait pour provoquer cette situation embarrassante, si? »

Non, évidemment, mais je me sentais quand même bien seule avec aucune mais alors aucune envie de  dire à mon fils: « Mais c’est moi, ta maman, mon p’tit coeur! ».

Ce que la gardienne a fait à ma place: « Mais enfin, bonhomme. Ce n’est pas ta maman, ça. Elle est où, Maman? » Et là, j’avoue que j’ai croisé tout ce que je pouvais pour ne pas subir une deuxième déconvenue qui m’aurait mise au tapis. Haricot 2 a regardé la gardienne, puis moi, et la première d’enchaîner diplomatiquement, alors que le Haricot sans coeur se dirigeait enfin vers moi: « Aaaaah oui, c’est elle, Maman, voilààààà! ».

Une fois la mère usurpatrice ;-) partie, Super gardienne m’a expliqué que l’Infâme disait « Maman » à longueur de journée et pour désigner tout et n’importe quoi: le jouet, le pot, la panade, la chaise, …, que c’était une phase classique de l’apprentissage du langage et que cela allait évoluer.

Ca n’a pas encore beaucoup évolué à vrai dire mais je relativise: un jour, il saura que Maman = moi.

En attendant, question de détendre l’atmosphère quand la scène se reproduit, il m’arrive même de dire au pauvre parent vers qui Haricot 2 se dirige: « J’essaie de faire croire que je suis sa mère mais il n’est pas dupe, c’est avec vous qu’il veut partir ». Bizarrement, la perspective ne les fait pas toujours sourire…

Quand je vous disais auto-dérision ou kleenex… ;-)

Haricot Magique
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