Haricot Magique | Joyeux NoëlS! Episode 3: Christmas on the road!
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17 jan Joyeux NoëlS! Episode 3: Christmas on the road!

Episode 1, Episode 2

25/12, 05h30: Le réveil bipe. Homme, bien décidé à mener sa famille aux confins des montagnes cévenoles, s’apprête à sauter dans la douche, condition sine qua non à une conduite matinale vigilante.

Je jette un œil par la fenêtre et le retiens: “Ça brille et scintille partout, y compris sur le sol. Tu n’irais pas voir si le quartier est praticable avant de réveiller les enfants?” Il bougonne. Et je le comprends: il se voyait évidemment mieux sous une douche chaude qu’en train de patiner dans la rue en pyjama pour livrer un bulletin météo ultra-local. Il s’emmitoufle et sort. Par la fenêtre, je surveille sa progression hasardeuse. La route est en pente, ce qui ne facilite pas les choses. Ma décision est prise: même s’il prétend que c’est faisable, je refuse d’aller risquer les vies de notre quatuor sur la route. Le Père Noël français attendra.

Homme rentre. “Pas possible de partir maintenant. On n’arrivera pas à quitter le quartier. Rien que charger le coffre sans se casser une jambe tiendrait déjà de l’exploit.”

Ok! Hors de question de démarrer maintenant. Retour sous la couette jusqu’au petit dej’. On verra à quoi tout cela ressemblera dans deux ou trois heures.

“Maman-Papa”, murmure une petite voix, “vous aviez dit qu’on prendrait le petit déjeuner dans la voiture pour aller en vacances… Moi, je suis prête mais j’ai faim!”

Coup d’œil au réveil: 07h50, trèèès correct pour notre matinale Haricot 1 à qui j’explique le contretemps: “On va se lever maintenant. Déjeuner. Et espérer que ça ait suffisamment dégelé pour pouvoir récupérer la voiture devant chez Nana, Daddy et Tonton et partir en vacances comme prévu. Tu es prête pour cette grande aventure? :D

10h00: les estomacs sont pleins, le coffre de la voiture aussi. Ceinturés dans leurs vestes et sièges auto, les enfants trépignent. Un au revoir au chat, un sms aux parents: “Il est dix heures, on quitte la maison. A dans 13 heures.”

Et de fait, on quitte le quartier sans trop de difficultés. On en vient même à se dire que si on avait forcé un peu à 6 heures du mat’, on serait déjà loin. Remarque sans aucune utilité par ailleurs. Au moins, tout le monde est en forme, le soleil nous fait l’honneur d’être de la partie. Ca va rouler.

Quoique.

Aux abords du quartier de mes parents, nous comprenons que le surnom de “Belgian Sibérie” n’est pas usurpé. Aucune route n’est déneigée, encore moins dégelée et nous croisons quelques bonnes âmes portant secours, à coups de poussées musclées, à des automobilistes en détresse.

Mon frère nous attend devant chez mes parents. “J’ai essayé de sortir la Modus pour la mettre sur la voie mais elle glisse sur la couche de verglas que la neige que j’ai enlevée recouvrait. Je voudrais pas être défaitiste mais…”

On force, on tire, on pousse, on bénéficie des conseils – de “Il faut jeter du sable ou, mieux encore, des cendres sous les roues” à “Vous auriez mieux fait de la mettre à l’abri dans un garage” en passant par “Vous êtes sûrs que vous ne pouvez pas y aller à pied?” – et de l’aide des passants mais les minutes passent et la Modus refuse de quitter son emplacement. Il me faut signaler ici, une fois n’est pas coutume, que les enfants, restés pendant tout ce temps dans l’autre voiture à l’arrêt, ont été exemplaires. :-)

A deux doigts de baisser les bras, nous effectuons une dernière tentative: on charge enfants et bagages dans la Modus qui, alourdie, en devient moins imprévisible sur la glace. Elle se cabre et émet des odeurs de caoutchouc fort peu engageantes mais quitte sa prison de stationnement et s’engage sur la voie. Youpie! Tout n’est pas gagné pour autant puisque c’est Tonton Fred qui est au volant. Petit détail: il ne vient pas avec nous. Il va donc falloir changer de conducteur. Tonton s’arrête sur une portion plate de route qui précède une petite côte et laisse sa place à Homme. Il salue les enfants mais je lui propose – on ne sait jamais – de parcourir encore quelques mètres à pied avec moi à côté de la voiture (ce n’est pas grand-chose à côté des mille kilomètres qu’il évite), le temps de s’assurer que nous sortons indemnes de Sibérie.

La première petite montée a raison de notre enthousiasme. La voiture re-patine et pas moyen, même en poussant à deux, de la remettre dans l’axe pour qu’elle adhère à une portion moins glissante de route. Tout à coup, nous sommes trois. Un homme nous a rejoint et nous explique en poussant:

- “Je viens vous aider, j’étais en train de mettre mes chaînes contre l’avis de ma femme. On va en Ardenne et elle prétend que toute cette gymnastique est inutile puisque je vais devoir les retirer avant d’entrer sur l’autoroute. Elle n’a pas tort mais je ne vois pas très bien comment arriver à l’autoroute sans ça, hein? Et vous, vous allez où?”

- “Euh… dans cette direction-là aussi mais quelques bonnes centaines de kilomètres plus loin en fait.”

- “Eh bien, à ce rythme-là, c’est pas gagné! Bon, allez, en avant et joyeuses fêtes!”

Je m’engouffre dans la voiture sans que Homme ne doive s’arrêter. “Sympa le type!”, me dit-il. Ne voyant pas l’utilité de lui rapporter ses propos, je me borne à abonder en son sens.

Il est 11h20 (!!!) quand on entre sur l’autoroute. Maintenant ça va aller. Ça doit aller, d’ailleurs!

En Belgique, ça vadouille, sans plus. On roule sur deux bandes au mieux, sur une le plus souvent et on slalome pour éviter les nids de poule (d’autruche?); il ne manquerait plus qu’on crève un pneu! A l’arrière, Haricot 1 s’occupe calmement et Haricot 2 dort. Eh oui. :)

14h00: Troyes. Premier arrêt bien mérité. Pas moyen de pousser plus loin sans que les enfants ne commencent à se dévorer l’un l’autre.

14h50: On reprend la route sous un beau soleil qui transforme le paysage en sculptures de verre surréalistes. Haricot 1 n’en profite pas, elle dort. Homme aussi. Haricot 2, derrière moi, est étonnamment calme. C’est suspect. De toute façon, je suis au volant donc je ne pourrai pas intervenir. Je monte un peu le son des “Enfoirés ont 20 ans” et trace.

17h30: Chalon. Une pause goûter s’impose (oui, nous sommes un peu décalés dans les horaires mais bon…). En sortant de la voiture, je comprends pourquoi Haricot 2 était si calme. Il a consciencieusement déchiré une dizaine de feuilles en micro-particules de papier, on dirait qu’il a neigé sur la banquette arrière. Hum… Par le plus heureux des hasards, il n’a sorti du porte-documents de sa sœur que des feuilles blanches et non les dessins. On l’a échappé belle! :? Pour le ménage, on verra plus tard.

18h00: C’est reparti. Objectif de Homme qui a repris le volant: manger à Lyon à 21h00 puis d’une traite jusqu’à destination.

C’était compter sans l’ingéniosité débordante de Haricot 2 qui, se voyant refuser l’accès aux feuilles de dessin et ayant épuisé les ressources de son sac d’activités, s’agrippa à sa portière, y chipotant tant et si bien qu’il finit par l’ouvrir, nous contraignant  à une sortie précipitée d’autoroute, une cinquantaine de kilomètres avant Lyon.

La prompte réaction de Homme consigna cet événement dans la rubrique “anecdotique” plutôt que dans la rubrique “dramatique”, apaisant un peu ma culpabilité: le matin-même, tout à notre départ de Sibérie, j’avais oublié de vérifier que le verrouillage sécurité enfant était enclenché. :-(

Mais plus moyen de remonter sur l’autoroute là où nous en étions sortis. Autant suivre la départementale jusqu’à Lyon plutôt que de continuer à tourner pour retrouver un accès autoroutier. Mauvaise décision: la départementale est glissante, chargée et interminable. Je calme la faim des enfants à coup de Nic-Nacs mais j’arrive au bout de mes ressources et Homme de sa patience.

Heureusement, nous finissons par remonter sur la voie rapide. Il est 21h20. Haricot 1 doit faire pipi et il est grand temps de mettre tout ce petit monde à table. A condition de trouver une station…

Nous finissons par en aviser une. Ouf! Essence pour la voiture. Pipi pour la vessie héroïque de Haricot 1 et direction le restoroute annexé.

« FERME », indique un panneau. Fermé, fermé? Comment ça fermé? Un soir de Noël à 21h45? Eh bien oui! La station-service en elle-même est glauque. Homme se dévoue et part chercher à manger et chauffer le biberon.

Pendant ce temps, je libère les enfants qui prennent, ravis du jeu de rôle, la place du conducteur alors que je me prépare mentalement à pique-niquer dans la voiture de ma mère, sur une aire d’autoroute mal éclairée, le soir de Noël.

Waouh! Vive les vacances!!! Il en a du courage, le Père Noël, de parcourir le monde en une nuit! Nous, nous avons juste fait Waterloo-Lyon pour finir, dépités, par manger des chips et des sandwiches triangles mous de mayonnaise sur un parking! Joyeux Noël! :x

Suite et fin heureuse lundi prochain:mrgreen:

Haricot Magique
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