07 mar Noms de code: Main de fer et Cœur de guimauve

Même si l’esprit humain et la mémoire ont en commun cette tendance salvatrice à effacer le pire pour garder le meilleur, être parent est décidemment un statut qui génère une foule de sentiments ambivalents.

Il y a l’avant. Car souvent, avant d’être parent, on veut le devenir.

On s’imagine enceinte et épanouie ou futur papa investi d’une nouvelle mission de la plus haute importance.

On s’imagine moins prise de nausées ou excédé par la troisième envie de fraises nocturne de la future maman aux hormones capricieuses.

On zieute le contenu des landaus avec envie… sans tomber, ou rarement, sur les cernes du propriétaire de la petite merveille qui vous allait droit au cœur la minute d’avant.

Ensuite, il y a la mutation, le vrai “pendant”, le moment après lequel vous serez définitivement passé de l’autre côté.

Là, on s’imagine accoucher harmonieusement, main dans la main, qui dans un bain, qui au son d’une musique soigneusement présélectionnée en couple. Tout en sourires, une petite poussée, Madame, et hop!

On imagine en revanche rarement que cela va durer tellement longtemps et que cela fera tellement mal qu’à un moment, excédée par la bande son qui se voulait idyllique mais qui l’est nettement moins à la quatrième diffusion, on hurlera, effrayant Homme au passage, un odieux “Quelle que soit la méthode, faites-le sortir maintenant, b… de m…!!!”.

Puis il y a l’après, ce moment où, exténué et à fleur de peau, on découvre les traits fragiles et l’air déterminé de ce nouveau petit bout d’Homme qui fera que jamais plus on ne pensera de manière totalement égoïste. Un enfant. Rien ne vaut ce cadeau. :-)

Rien ne vaut ce cadeau, c’est vrai, mais, au quotidien, il n’est pas toujours évident de le garder à l’esprit.

Etre parent, c’est beau, ça vous remplit d’amour, ça vous comble mais c’est aussi le plus ardu des métiers.

Pas d’horaires, il s’agit d’être bon 24/24h. Et par bon, on n’entend pas juste “faire l’affaire ou faire illusion”: les enfants sont les plus intraitables des juges. Il faut être aimant toujours, réceptif, juste, objectif, impartial, exigeant mais pas autoritaire ou cool mais pas copain… De quoi faire perdre son latin au plus motivé de la promotion…

Alors oui, parfois, on se prend à penser que, quand même, les gens qui n’ont pas d’enfant ne connaissent pas leur bonheur. Pas d’horaires (dans le bon sens du terme cette fois-ci), pas besoin d’avoir à toujours prévoir, anticiper et avoir un plan B en cas de grain de sable dans l’engrenage. Moins courir, un peu plus penser à soi et moins à ce lien intrinsèquement magnifique mais aussi tellement lourd de conséquences qu’est la responsabilité familiale.

Bref, quand, par un heureux concours de circonstances, il devient possible d’alléger temporairement la charge parentale, tout parent normalement constitué bondit sur l’occasion. Que ce soit pour une nuit chez des amis ou deux semaines chez les grands-parents*, l’annonce du service proposé sent déjà le vent de liberté.

Et pourtant, le cœur des parents est ainsi fait qu’il perçoit presque “à l’insu de son plein gré” ;-) le vide, même temporaire. C’est une question d’équilibre ou de gravité. L’absence des enfants pèse parfois plus lourd que prévu.

Car, si parent est le métier le plus difficile au monde, en définitive, c’est aussi le plus beau. :-) :-) :-)

* Bon retour chez toi, Jeanne. Et bonnes vacances, Lila.
Haricot Magique
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