Haricot Magique | Retour au bercail: épisode 2 "Je t'aime, moi non plus"
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04 avr Retour au bercail: épisode 2 "Je t'aime, moi non plus"

L’épisode 1: ici.

Ca roule bien, on passe la frontière deux heures trente plus tard et on appelle le Parrain de Haricot 2 pour annoncer notre arrivée en force dans l’heure voire moins.

Derrière, la Belle au Bois Dormant ouvre un œil, puis se ravise. C’est fatigant d’être le centre du monde pendant deux semaines.

Soudain, au niveau de Feluy, ça ralentit sévèrement, ce qui a pour fâcheuse conséquence de réveiller la puce. C’est moins sympa d’être interrompue dans son sommeil par un embouteillage que par un prince mais, qu’importe, Haricot 1 est à nouveau d’une humeur resplendissante.

Pas d’alerte trafic pour nous informer. On est presque à l’arrêt. Et ça bouchonne aussi loin que porte le regard. Hum… je jette un œil vers Homme dont la principale qualité n’est pas la patience et, de fait, celui-ci tambourine déjà nerveusement sur son volant en marmonnant: “Rouler aussi bien pour être coincé à la fin: vive la Belgique!” (je vous ai déjà dit qu’il était français, non? ;-) Ceci dit, il ne me viendrait pas à l’idée de lui donner tort…).

Pendant ce temps-là, sur la banquette arrière, Haricot 1, pas perturbée pour un sou, s’est remise en mode “J’aime mon frère”. Elle nous assomme de questions à son sujet. Elle l’a quitté il y a deux semaines mais on dirait que cela fait deux mois!

- “Il a des dents maintenant, hein? Je suis sûre qu’il mange bien tout seul!”

- “Oui, oui, il bave toujours autant, il a des dents et mange effectivement plutôt bien tout seul mais, tu sais, ça, il le faisait déjà avant que tu ne partes…”

- “Ah oui? Et maintenant, il met ses chaussures tout seul?”

- “Euh, non, pas encore… mais il va sur le pot depuis quelques jours. Il a même fait une fois pipi dedans.”

- “Waouh, c’est un champion, ce p’tit frère! Je vais lui dire bravo, moi! Il dort pas encore dans un grand lit comme moi, si?”

- “Mais non, ma puce. Tu n’est pas partie si longtemps que ça, tu sais…  Tu vas peut-être juste le trouver un peu plus grand mais ce n’est même pas sûr.”

- “Alors, il est pas encore à la même école que moi?”

- “Non, il est toujours chez sa gardienne.” :-)

Cela fait une demi-heure qu’on échange sur Haricot 2 et la distance parcourue depuis doit pouvoir se calculer en mètres. Dire qu’Homme est tendu est un minimum. D’ailleurs, il nous somme de nous taire. On parle de “notre bouchon” à la radio: « Des files sur presque 10 kilomètres entre Feluy et le viaduc de Nivelles pour cause de rétrécissement de la chaussée. Soyez prudents: des ouvriers travaillent sur la bande de gauche. »

- “Prudent”, explose Homme, “à la vitesse à laquelle on avance, les ouvriers ne risquent quand même pas trop qu’on les écrase, nom de djeuh!”

Evidemment, si vous êtes parent, vous savez que ça ne rate jamais:

- “Maman, hein qu’on peut pas dire des vieux mots?”

- “Non ma puce. Tu as raison. On ne peut pas dire de VILAINS mots. Mais Papa est un peu énervé d’être coincé ici alors que Haricot 2 nous attend, tu comprends?”

- “Oh mais, Papa, c’est rien! Il est chez son Parrain avec Audrey, Antoine, Octave et Adrien. Et nous, on peut rester encore longtemps dans la voiture parce que Mamie a mis plein de compotes et de biscuits dans mon sac pour la route, alors… Sauf que je dois faire pipi. Et que ça presse.”

Quand nous dépassons enfin les travaux, après une pause pipi pas très préjudiciable au timing, il est 20h00. Nous venons de passer presque 1h30 dans un bouchon. Demain, il y a école. Plus question, comme on l’avait planifié puis encore espéré d’aller manger un bout chez Monsieur et Madame Parrain en allant chercher Haricot 2, histoire de “débriefer en live”. On annonce donc à une Haricote toute dépitée qu’elle va rentrer à la maison avec Maman et que Papa repartira seul chercher son petit frère.

Il est clair que cela perturbe la version des retrouvailles qu’elle s’était imaginée mais, toujours de bonne composition (dingue!!!), elle fait contre mauvaise fortune bon cœur; reprend possession de sa maison, mange et prend son bain en accéléré quand elle entend la porte d’entrée s’ouvrir.

Au comble de l’impatience, elle me chuchote: “Je vais vite me cacher!” Puis, soudain anxieuse: “Tu crois qu’il va me reconnaître?”

Je n’ai pas le temps de la mettre en garde. Il pourrait être un peu endormi et ne pas trouver drôle du tout d’être saisi. Même par sa sœur…

Erreur, le Haricot qui pousse la porte de la salle de bain n’est pas endormi du tout. Et celle qui lui fonce dessus à bras ouverts est un bloc de bonheur brut. C’est beau à voir.

Sauf que l’accueil réservé par le petit pou à sa sœur est loin d’être conforme à ses attentes. Elle reçoit en tout et pour tout en réponse à ses câlins – fort pressants, il est vrai – deux claques assorties d’un NON bien net.

Il y a un flottement. Et pour atténuer la déception palpable de la princesse, je ne trouve qu’une chose à dire: “Ah oui, j’ai oublié de te dire que, maintenant, il dit non. A 18 mois, c’est normal. Ce n’est pas grave mais prépare-toi à l’entendre. Beaucoup!”.

Pas si simple le retour au bercail…

La vie n’est définitivement pas un Walt Disney!

= FIN =

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