22 nov Retrouvailles! Episode 3: Adieux déchirants

Au cas où ;-):

Retrouvailles! Episode 1: J-1Episode 2: Famille, je vous aime!

Dimanche, 15h00. Il va falloir reprendre la route, direction la maison et, pour Haricot 1, direction la vie normale et le retour à l’école.

Je remballe nos affaires et essaie d’effacer toutes les traces de notre passage pendant qu’Homme habille les deux demi-portions. Tonton et sa copine terminent de débarasser et Tata Claire est… Tiens, où est-elle?

Si on se salue vite fait, on peut miser sur une sieste des enfants dans la voiture, un périph’ pas trop bouché et une arrivée pas trop tardive, question de se couler harmonieusement dans les horaires de semaine pour éviter un « jetlag infantile » le lundi matin.

Les adultes s’embrassent. « Merci et à la revoyure ». On presse les enfants emmitouflés (parce que ça caille et qu’il pleut toujours autant) d’aller faire des bisous. J’emmène Haricot 2 pour l’attacher dans son siège et Homme range les bagages dans le coffre, avant de s’installer au volant. Le moteur tourne déjà, je file récupérer Haricot 1.

Je n’ai pas franchi le seuil que je comprends que quelque chose cloche. Le son me parvient d’abord et l’image vient vite compéter le tableau.

Tata est accroupie et serre dans ses bras mon Haricot 1, secouée de sanglots.

C’est ce qui s’appelle un imprévu. Je n’avais pas vu venir – et c’est peu de le dire – la charge émotionnelle que provoqueraient des adieux pressés entre nièce et tante après deux semaines passées ensemble.

Ma puce est une grande sensible…mais elle a tellement passé le week-end à ignorer sa tante que la menace ne me semblait pas d’actualité.

Gérer. Rapidement parce que le moteur tourne. ;-)

Hum. Je m’accroupis à mon tour et regarde ma fille dans les yeux qu’elle a plus bleus que jamais tant ils sont plein de larmes: « Allez, ma puce. Il faut partir maintenant. Tu fais un gros câlin à Tata et tu lui dis à très bientôt? ».

Tata n’en mène pas large mais elle va dans mon sens. Elle la prend dans ses bras, se relève, l’embrasse et me la passe.  Mon paquet de larmes et moi laissons Tonton, Sophie et Tata sur le seuil, forts ébranlés par la scène.

J’installe Haricot 1 dans son siège tandis qu’elle articule à grande peine entre les larmes: « Je veux pas partiiiiiiiiiiiiir! », « Je veux Tataaaaaaaaaa ». Je tente de la calmer en lui disant des mots doux et apaisants mais c’est peine perdue.

Homme est exaspéré: « Bon, on y va ou quoi? »

Ou quoi, ou quoi? Ou je décide, vu l’état critique de notre jeunette au coeur brisé de rappeler Tata pour un dernier bisou avant de partir. L’idée est que cela permettra de moins trancher dans le vif, de faire un geste de compréhension qui fera redescendre la pression communicative qui commence à envahir l’habitacle de la voiture au point que Haricot 2 se met à pleurer aussi.

Tata n’arrive pas.

Homme (dont c’est la soeur): « Mais qu’est-ce qu’elle fout? »

Tonton (le frère des deux, donc), arrive en messager: « Elle pleure aussi. Elle n’a plus pu se retenir. Vous voulez qu’elle vienne malgré tout? »

Basiquement, non. Des pleurs supplémentaires ne vont pas nous aider. Mais j’ai déjà annoncé la manoeuvre à mini-coeur d’artichaut donc… oui.

Elle arrive. Les yeux rougis. Ouvre la portière et étreint à nouveau Haricot 1. Elle articule d’une petite voix: « Tu dois rentrer à ta maison maintenant ».

Haricot 1: « Mais je veux que tu viennes avec moiaaaaaaaaaa ».

Tata: « Ce n’est pas possible. Moi aussi, je dois rentrer chez moi. Mais on se revoit très bientôt ».

C’est faux. Rien de prévu avant les vacances de Carnaval. Et elle le sait mais tente d’adoucir la séparation par une perspective de retrouvailles proches. Je l’admire et je l’appuie. Ce n’est pas vraiment mentir puisque la conception du temps chez Haricot 1 est encore très élastique et fantaisiste… si? :-s

Homme: « Bon, ça y est? Ferme cette porte, maintenant. Je démarre! »

Tata me regarde. Je l’encourage à obtempérer car je sais qu’Homme va faire ce qu’il a dit. « Je vais gérer la suite », lui dis-je, d’un ton qui se veut optimiste, « Ne t’inquiète pas, ça va aller, on t’appelle en arrivant! ».

Et nous prenons la route.

Le mouvement calme Haricot 2. C’est déjà ça de pris. Quant à Haricot 1, elle continue, le visage rouge et bouffi, à se liquéfier en répétant: « Je veux Tataaaaaaaaaaaa ».

Ça porte sur les nerfs mais ça brise le coeur aussi. Tant de tristesse exprimée par un si petit bout:« Je veux que Tata vienne à ma maisooooon », « Tata me manque », « Tata, elle pleurait aussi, comme moi », etc.

Après 40 minutes de « C’est normal d’être triste » (émaillés de « Tu parles, c’est exagéré, oui! » d’Homme qui n’est pas coutumier de ce genre de débordements), de « Tata et toi, vous vous aimez beaucoup et vous êtes restées longtemps ensemble », de « Pense plutôt à toutes les chouettes choses que vous avez faites et que vous ferez encore la prochaine fois » ou encore de « On lui téléphonera souvent, promis! », la miss est tombée de sommeil et le reste du trajet s’est déroulé sans encombres.

Restait à savoir comment elle allait gérer son manque une fois rentrée à la maison…

Vous êtes curieux? Rendez-vous la semaine prochaine pour le 4ème et dernier épisode de « Retrouvailles »!

Haricot Magique
info@haricotmagique.be
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